" Voi ch'ascoltate "

Pétrarque, Le Tasse, Guarini…
mis en musique par Sigismondo d'India

Livret incluant un texte de Jean Guichard sur la poésie italienne

vers le site de Zig Zag


Ensemble Poïésis

Marion Fourquier : harpe
Cristiana Presutti et
Lucien Kandel : chant
Martin Bauer :
viole de gambe
Lucas Guimaraes : lirone


A vous qui écoutez

Voilà des années que nous cheminons dans l'intimité de l'Italie du début du XVIIème siècle et, inlassablement, tout nous conduit à la même source : la parole. Soudain, un texte se grave en nous avec l'évidence d'une loi naturelle, ailleurs la musique laisse parler et transfigure un poème : incroyable alchimie par laquelle naissent le rythme et les sons. Car cette musique n'est (naît) pas en dehors de la parole. Et Car, dans la musique de Sigismondo d'India comme nulle part ailleurs, les notes naissent et se confondent avec les mots.

Nous avons imaginé ce disque comme un recueil de poèmes : du choix des pièces à leur agencement, de l'espace donné à chacune au rythme de l'ensemble. Ainsi, nous vous offrons ces oeuvres aujourd'hui, à "vous qui écoutez, en ces rimes éparses…" les mots (maux) violents, doux, amers, apaisés, traçant le cheminement d'un homme : le poète, nous, vous ?

Marion Fourquier, Ensemble Poïésis

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Extraits bientôt en écoute :

Palidetta qual viola
Bellissima Dori
"Amico hai vinto"

 

Voi ch'ascoltate
Misera non credea
Toccata 2a per l'arpa G.M. Trabaci

 

Sigismondo d'India naît à Palerme (ou Naples) aux alentours de 1582. De famille noble ? Peut-être ; c'est en tout cas ce qu'il proclame sur le frontispice de ses deux premiers recueils. Ses années de formations, selon toute vraisemblance, se déroulent à Naples dans l'entourage de Jean de Macque et de Carlo Gesualdo. Il voyage également à Milan, Mantoue, Parme, Venise, Florence et Rome, lieux d'intense émulation artistique.
Sa carrière débute en 1606 avec la publication d'un livre de madrigaux à 5 voix. Ensuite, de 1606 à 1627, il publie 8 recueils de madrigaux polyphoniques, 3 de villlanelles, 3 de motets et 5 de monodies ou de pièces à deux voix accompagnées de la basse continue.
En moins de vingt années d'activité artistique, il donne naissance à ce monde musical fascinant ; d'une nouveauté et d'une intensité rarement égalées. Il meurt à Modène avant le printemps 1629.

Extrait de la préface de S. D'India à son 1er livre de
" Le Musiche da cantar solo " (Milan 1609)
" Dès ma prime jeunesse, il m'a été donné de converser avec des hommes, des musiciens d'intelligence et d'apprendre ce que je désirais savoir tant de l'art de composer à plusieurs voix que ce celui de chanter en solo. (…) J'ai entrepris de rechercher quelques subtiles particularités pour bien chanter à une seule voix, et j'ai découvert que l'on pouvait composer de cette véritable manière, usant d'intervalles extraordinaires, passant avec le plus d'audace possible d'une consonance à l'autre selon les sens variés des paroles, et que par ce moyen, les chants auraient un effet plus puissant et une force plus grande pour toucher les sentiments de l'âme "